Historique : protestants, la famille Barnier, composée de fervents catholiques, est obligée de quitter son pays de Dieulefit.
Les Barnier s'installent à la ferme des Baumettes ( là où l'exploitation actuelle se trouve encore toujours ) et y cultivent déjà la vigne.
A la Révolution française, Jean-François BARNIER cachait aux Baumettes un prêtre qui n'avait pas voulu prêter serment à la Constitution; ce clandestin y disait la messe dans les caves de la ferme.
Pour éviter que le prêtre ne soit reconnu comme ecclésiastique lors d'un contrôle, le patriarche de la famille (J-F Barnier) lui tend une cape de berger en disant : « toi le niais, va garder le troupeau ».
C'est ainsi que le prêtre déguisé en berger put poursuivre sa mission en toute tranquilité.
Cette anecdote qui témoigne de l'attachement profond de la famille Barnier à sa religion nous est rapportée par David Roussin, l'exploitant actuel, arrière-arrière petit-fils de Victor Barnier, le dernier du nom à résider à la ferme des Baumettes.
En souvenir de cet attachement de la famille au catholicisme, David Roussin baptisera le domaine :
Mas (la ferme) Saint (la religion) Victor (le dernier Barnier).
Pour David, l'atavisme ( des viticulteurs de père en fils depuis plus de 4 siècles, enracinés dans l'Enclave des papes ) joue un très grand rôle.
Cependant, lorqu'il décide de revenir à la ferme, après le BAC et un BPREA en viticulture, et frustré de devoir apporter la vendange à la coopérative après avoir donné tous les soins à la vigne et aux raisins, il choisit ses stages en rapport avec la vinification, notamment au Chili, au domaine Pueblo Antigu, à Béziers à la cave Cazedarnes,...
Il a élaboré son premier vin en 2002.
En 2003, déjà une médaille d'argent pour son Valréas au concours d'Avignon. La particularité des Baumettes, ce sont ses caves taillées dans le safre.
Cela permet de maintenir un taux d'humidité élevé avec une température constante de 12 à 15 degrés toute l'année.
Les conditions sont essentielles pour l'élaboration et l'élevage du vin, la faible amplitude des températures n'abîme pas le vin et lui permet d'arriver à maturité en gardant toutes ses qualités et tous ses arômes.

La cave est située dans les vieux bâtiments. Entre les rochers de safre et la ferme, il n'y a plus beaucoup de place alors c'est la conception de la cave qui s'adapte aux bâtiments.
David Roussin nous précise :
« Mais on y a toujours fait du vin, la différence de niveau entre le levant et le couchant de la ferme (3 mètres environ), permettait d'acheminer la vendange par l'arrière du mas.
Dans la salle à manger, on avait laissé une ouverture qui tombait directement dans les caves de safres, alors on disposait un fouloir dans la salle et en dessous était une cuve ouverte faite de dalles de pierre.
D'autres salles dans les caves étaient aménagés pour y disposer des tonneaux qui était la seule façon de conserver le vin jadis. » Le domaine comprend deux lieux d'exploitation :
l'un autour de la ferme, ce sont des coteaux sablonneux ensoleillés qui donne des vins rouges et rosés suavement fruités
l'autre sur le plateau de Vinsobres, ici la terre est de l'argile puissante accompagnée de gros galets.
On en tire un vin rouge puissant aux arômes de cassis avec des tanins racés, il s'agit évidemment du Valréas.
Le crédo de David Roussin :
"le métier de vigneron, c'est avant tout l'élaboration d'un vin marqué par sa propre personnalité mais c'est aussi pour moi l'idée d'une certaine liberté, celle de travailler au rythme que nous impose la nature.
Cette liberté qui n'a pas de prix, car les cycles se renouvellent sans cesse et il n'y a pas de monotonie. Tout est en mouvement et tout évolue.

Mais c'est aussi la liberté d'être un petit patron, d'être maître de son temps et de le gérer comme on le ressent soi-même à son propre rythme.
Dans ce monde occidental, qui s'est emballé, où tout n'est plus que vitesse. Avoir la chance d'être encore un peu proche du rythme des saisons et proche de la végétation, là où tout n'est plus que béton et asphalte, je crois que c'est un vrai cadeau des dieux, un cadeau qu'il faut savoir apprécier.
Alors si j'avais quelque chose à donner à travers de mon vin, ce serait l'idée que, quand on débouche une de mes bouteilles, ce soit le moment où on s'accorde un peu de temps pour souffler, pour apprécier et pour communier avec ses amis.
Que ce soit un peu du temps du vigneron qu'on vole. » L'ENCLAVE DES PAPES
L'enclave des Papes, morceau de Vaucluse enclavé dans la Drôme composé de quatre villes et villages : Valréas, la capitale, Richerenches, Grillon et Visan.
Pour comprendre les origines de l'Enclave des Papes, il faut remonter au temps où les Papes vivaient encore en Avignon. En effet, pendant tout le 13ème siècle, des luttes sans merci déchirent le nord de l'Italie.
A Florence et dans Rome, où les ruines dévorent la ville, les Guelfes, partisans du Pape, s'opposent aux gibelins, partisans des empereurs germaniques. Le trône de Saint-Pierre est si fortement menacé que les papes quittent Rome et transportent le Saint-Siège en Avignon où ils résideront au cours du 14ème siècle. En quelques décennies, cette ville rhodanienne devient une opulente cité commerciale et intellectuelle qui brille en Europe d'un éclat sans pareil.
Les papes ne cessent d'acquérir des terres d'Avignon, afin d'agrandir leur domaine et d'en tirer de substantiels revenus et surtout d'asseoir leur pouvoir face aux Etats du Royaume.
En 1317, après son élection à Lyon, le Pape Jean XXII, très malade, au cours d'une étape sur le chemin d'Avignon, goûta un vin de Valréas. "Il s'en trouva fort ragaillardi", et même très vite guéri. Il conclut que ce vin était miraculeux. Aussi, pour en disposer à sa convenance, il acheta la cité au Dauphin du Viennois. L'Eglise, héritant les biens des Templiers, Richerenches agrandit le territoire en 1320, puis Visan en 1344 et Grillon en 1451. L'Enclave était née !
Cette enclave permettait surtout au Pape de posséder une place-forte papale au sein des Etats du Dauphiné, propriété du Royaume de France. Elle fut délimitée par des bornes papales que l'on peut encore admirer à certains endroits (le circuit est disponible au Point-Tourisme).
Mais, curieusement, en traçant les limites définitives, l'administration pontificale s'aperçut qu'une petite bande de terrain, appartenant au Dauphiné, séparait toujours le Comtat Venaissin de la Région de Valréas. Le Pape s'efforça donc de racheter cette petite bande de terrain mais, en vain, le Roi de France s'y opposa, inquiet de l'avancée du Saint-Siège dans le Midi. Toute communication entre les deux possessions pontificales était donc impossible, sans franchir le territoire français.
En 1791, après la Révolution, l'Enclave des Papes, dépendant du Comtat Venaissin, fut rattachée à la France. A la formation des départements, les habitants de l'enclave furent consultés par référendum afin de décider de leur rattachement au Vaucluse ou à la Drôme. Désirant rester provençaux, les habitants votèrent pour le rattachement de l'Enclave des Papes au Vaucluse et devinrent vauclusiens tout en étant enclavés dans la Drôme !
L'Enclave des Papes devint ainsi une véritable enclave vauclusienne en terre drômoise, unique en son genre !
Mais c'est aussi la liberté d'être un petit patron, d'être maître de son temps et de le gérer comme on le ressent soi-même à son propre rythme.
Dans ce monde occidental, qui s'est emballé, où tout n'est plus que vitesse. Avoir la chance d'être encore un peu proche du rythme des saisons et proche de la végétation, là où tout n'est plus que béton et asphalte, je crois que c'est un vrai cadeau des dieux, un cadeau qu'il faut savoir apprécier.
Alors si j'avais quelque chose à donner à travers de mon vin, ce serait l'idée que, quand on débouche une de mes bouteilles, ce soit le moment où on s'accorde un peu de temps pour souffler, pour apprécier et pour communier avec ses amis.
Que ce soit un peu du temps du vigneron qu'on vole. » (source : http://www.richerenches.fr/enclave2.html)
A.O.C. VILLAGES VALREAS

Cépages :70% Grenache,30% Syrah
Vendanges en septembre/octobre, mécaniques et manuelles.
Égrappage des raisins.
Cuvaison de 10 à 20 jours selon le millésime.
Élevage en cuve pendant au moins un an et demi,
mise en bouteille
Robe brillante rouge rubis, ourlée de nuances violacées
Nez complexe, dominé par des arômes de petits fruits rouges, cerises noires.
Agrémentés d'une note épicée, les arômes sont encore d'une belle fraîcheur.
Bouche : bel équilibre entre finesse et puissance contenue, structure tannique élégante
Garde 3 à 6 ans. Température de service 16 à 18°